Regards sur l'architecture et l'aménagement en Franche-Comté 2015
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La mairie et la mairie-école du XIXe siècle

 

Contexte historique de la création des communes

 

Les communes ont été créées en 1789 par l’Assemblée Nationale Constituante qui reprit les anciennes limites des bourgs et cités en milieu urbain, et des paroisses en milieu rural.

Jusqu’à la loi de 1884 qui a fixé l’organisation municipale, le mode d’élection des maires et les rapports entre communes et Etat ont connu plusieurs régimes. Les maires ont été tantôt nommés directement par le gouvernement, tantôt élus selon différentes modalités qui ont varié selon la taille des communes et au gré des changements politiques.

 

 

 

A partir de 1884, tous les conseils municipaux sont élus et le maire désigné par les conseillers, sauf à Paris qui gardera un statut à part jusqu’en 1975.

Cependant cette loi ne remet pas en cause le principe de la mise en tutelle des communes par l’Etat, conforme à la tradition centralisatrice monarchique et napoléonienne, mais en fixe les modalités. La tutelle des communes est confiée au Préfet, représentant du gouvernement sur le territoire.

Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. Il a l’exclusivité des décisions de principe tandis que le maire a celui de l’administration municipale. De plus, sa qualité d’Officier de Police Judiciaire fait de lui un représentant de l’Etat dans la commune.

 

 

1. La loi municipale du 5 avril 1884, Livre. Auteur : Albert Faivre


C’est dans ce contexte du XIXe siècle...



... et des rapports entre Commune et Etat, qu’il faut replacer la construction de la plupart des mairies que nous utilisons encore actuellement. La fonction communale étant créée, il faut lui trouver un lieu qui soit à la fois symbole de la vie communale et de la présence de l’Etat sur le territoire. C’est sans doute ce qui explique l’existence d’une typologie de la mairie qui permet d’identifier immédiatement ce bâtiment où que l’on soit.

 

Ainsi, à travers la formation qu’il donne aux architectes à l’Ecole des Beaux-Arts, à ses ingénieurs à l’Ecole Polytechnique et aux Ponts-et-Chaussées, à travers le contrôle qu’exercent ses Services, en particulier ceux du Conseil des Bâtiments Civils et des Ponts-et-Chaussées, l’Etat met en place une architecture officielle, fondée sur l’utilisation du vocabulaire néoclassique.

 

2. Port-sur-Saône (70)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. Mairie de Montmorot (39)

 

Ce vocabulaire, autant que la position du bâtiment dans le village, exprime le statut public du bâtiment et contribue à répandre et symboliser sur l’ensemble du territoire national, les valeurs institutionnelles de l’Etat et de la République.

 

 

Ce qui n'empêcha pas des déclinaisons régionales ou locales de cette typologie, comme l'exemple des mairies-lavoirs en Haute-Saône (voir aussi dans les déclinaisons départementales, Haute-Saône).

 

4. Mairie-Lavoir de Boutigney (70)

 

 

 

Il semble que ce soit surtout à partir de 1830 qu’aient commencé des campagnes d’équipement des communes rurales, qui comprenaient, outre la Mairie ou « Maison Commune », les ponts, les églises, les lavoirs, les écoles…

 

6. Marigny. Ecole et chalet (fromagerie)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7. Gigny. Place et Maison commune

 

A partir de 1886, suite à la loi Jules Ferry sur l’enseignement, une loi imposa à toutes les communes d’avoir une école ; un décret en Conseil d’Etat permettait même de passer outre au refus d’une commune et d’inscrire d’office la dépense correspondante à son budget.

 

C’est ce besoin diversifié d’équipements communaux, lié à un souci d’économie et d’efficacité, qui explique le couplage, quasi général dans les petites communes, de la mairie et de l’école, les Mairies-Ecoles, et parfois avec d’autres équipements communaux.

 

8. Mantry. Ecole et mairie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9. Tavaux. Mairie et école

Description :

Volumétrie générale

Même dans la plus humble de nos communes rurales, la mairie héritée du 19° siècle est un bâtiment public et, en tant que tel, se pare d’une certaine monumentalité. On ne peut que rarement la confondre avec un quelconque bâtiment d’habitation. Le rez-de-chaussée est généralement affirmé par une sur-hauteur.

Ainsi, on peut parler d’une typologie architecturale « universelle » qui trouve de nombreuses adaptations locales.


En milieu rural, il est rare que la mairie ne soit pas couplée avec l’école. C’est pourquoi nous ne décrirons que les typologies qui concernent celles-ci.

Il en existe deux principales qui sont cependant très proches l’une de l’autre.

 

Première typologie

 

Probablement la plus ancienne, elle semble s’être perpétuée dans les plus petites communes et se caractérise par un bâtiment compact à un étage.

 

25.Cressia 

 

26. Lac-des-Rouge-Truites 

 

27. Censeau 

 

Lorsqu’il n’y a qu’une classe, celle-ci se trouve au rez-de-chaussée, d’un côté de l’entrée, et la salle de mairie de l’autre. Un escalier part de l’entrée et dessert le logement de l’instituteur/secrétaire de mairie à l’étage.

Lorsqu’il y a deux classes, celles-ci se trouvent au rez-de-chaussée, de chaque côté de l’entrée. Un escalier part de l’entrée et dessert la mairie, composée de la salle du conseil et parfois d’un petit bureau attenant pour le secrétariat, et le logement du couple d’instituteurs.

Le bâtiment, très cubique, est couvert d’un toit à quatre pans. La façade est organisée symétriquement autour d’un corps central, et l’entrée est surmontée d’un petit fronton triangulaire. Cette composition est dessinée sur la façade plate à l’aide de pilastres et de bandeaux de pierre ou de brique. De même, les encadrements de fenêtres sont très marqués.

 

Deuxième typologie

 

 

28. Villevieux

 

29. Onoz

 

30. Mont-sur-Monnet

 

Probablement plus récente, elle semble être un développement de la première en donnant plus d’importance aux écoles.

Le bâtiment est composé d’un corps central à étage, la mairie, encadré de deux ailes basses à rez-de-chaussée : l’école de filles et de l’école de garçons.

Chaque bâtiment a un accès indépendant.

En général, la mairie comporte à l’étage le logement et le secrétariat, tandis que la salle du conseil se trouve au rez-de-chaussée.

Le vocabulaire utilisé pour la composition des façades est le même que précédemment. L’accent est pareillement mis sur le corps central du bâtiment.

 

Si ces deux typologies de base se retrouvent à travers toute la France, elles ont de multiples adaptations locales, dont les trois principaux facteurs sont :

  • le matériau de construction
  • la taille de la commune et l’importance de l’effectif scolaire
  • l’époque de construction, qui se perçoit à des variantes du vocabulaire architectural, toujours sur la base des mêmes typologies, jusqu’à l’époque de la reconstruction dans les années 50.

 

C’est cette uniformisation du bâtiment Mairie-Ecole, malgré les diversités locales, qui en faisait aux yeux de tous les français, où qu’ils aillent dans l’ensemble du territoire national, un point de repère et un symbole des institutions de l’Etat et de la République.


Déclinaisons départementales :

25 - Doubs
39 - Jura
70 - Haute-Saône
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