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La fontaine et le lavoir

Les premières fontaines sont apparues avec la civilisation sumérienne 2 000 ans avant notre ère.

Du 16ème au 18ème siècle les fontaines étaient surtout réservées à l’approvisionnement en eau potable et plus présentes dans les villes.


Au 19ème siècle, sous le signe de l’hygiène et du progrès, les communes rurales très riches grâce aux revenus tirés de la forêt rivalisent entre elles pour édifier les plus belles fontaines et fontaines-lavoirs. Le plus grand nombre d’entre elles se trouve en Haute-Saône.

L’architecte Louis Moreau  (1790-1864) a marqué de son empreinte un grand nombre de fontaines-lavoirs de cette époque.

  

Illustr. Oyrières (70) : fontaine-lavoir, 1827-1829, architecte Louis Moreau


L'eau des fontaines-lavoirs...

... était captée par puisage, provenait quelquefois directement d’une source comme celle de la Romaine à Fondremand ou la fontaine était située à proximité d’un cours d’eau ou d’un plan d’eau.

Les fontaines sont très souvent associées à un bassin couvert ou découvert qui a pour vocation première de permettre de laver et rincer le linge…

Le passage au lavoir était en effet la dernière étape avant le séchage. Le lavage peu consommateur en eau pouvait avoir lieu dans les habitations ou les buanderies où le linge s'accumulait avant la « grande lessive », mais par contre le rinçage nécessitait de grandes quantités d'eau claire, uniquement disponible dans les cours d'eau ou dans une source captée.

Il existe cependant des fontaines-lavoirs avec plusieurs bassins, le bassin en amont servant de d'abreuvoir, celui ou ceux en aval servant de lavoir (lavage du linge proprement dit).

Illustr. Mollans (70), fontaine-lavoir-abreuvoir, architecte Jean-Baptiste Colard


Malgré la résistance au progrès des lavandières, le lavoir est remplacé au 20ème siècle par les lessiveuses, les lavoirs mécaniques et les machines à laver. Il subsiste toutefois de nombreux témoignages de ce patrimoine d'une grande variété stylistique.

Description :

Implantation du bâti

Le plus souvent la fontaine-lavoir est située au centre du village pour éviter de trop longs trajets aux lavandières. L’eau était amenée par canalisation jusqu’à l’emplacement choisi. Parfois elles sont décentrées là ou une rivière passe en bordure du village, cas de nombreuses fontaines découvertes.

 

 Illustr. Noidans-le-Ferroux (70)

  Illustr. Boulot (70)

 

 



Abords immédiats et annexes

Cette position centrale correspondait à une place non loin de l’église ou de la Mairie et était un lieu de convivialité. Aujourd’hui de nombreuses places de village sont toujours occupées en leur centre par des fontaines ou des fontaines-lavoirs, souvent remaniées et fleuries ce qui structure l’espace.

 

Deux fontaines-lavoirs de l'architecte Jean-Baptiste Colard
llustr. Noroy-le-Bourg (70), à l'arrière-plan

(vue depuis le parvis de l'église)

      

Illustr. Mollans (70)


Volumétrie générale

Le modèle ordinaire des fontaines-lavoirs du 18ème siècle était composé d’un bassin de puisage, couvert ou non d’un édicule de pierre, suivi dans le même axe, de l’abreuvoir puis du lavoir. Au 19ème siècle, le plan se complique : le lavoir et l’abreuvoir accolés ne sont plus dans le même axe. Le lavoir prend différentes formes, se superposant à l’abreuvoir.

C’est ce dernier modèle couvert ou non qui est le plus fréquent.

D’autre part la taille de ces édifices est très variable : de la simple fontaine de quelque mètres carré aux réalisations monumentales à l’antique de plusieurs centaines de mètres carré.
Enfin ces édifices peuvent être couverts ou découverts.

 

 

L’architecte Louis Moreau (1790-1864) a marqué de son empreinte un grand nombre de fontaines-lavoir du 19ème siècle dont un grand nombre a disparu, a été remplacé ou remanié. Citons cependant la fontaine-lavoir au cygne de Montbozon.

 

 

 

Illustr. Montbozon (70), la fontaine-lavoir au cygne


Caractéristiques architecturales

Il est difficile de définir une typologie précise de l’architecture des fontaines-lavoirs de Franche-Comté tant se mélangent les styles architecturaux. 

Actuellement il n’existe pas en Franche-Comté de fontaines antérieures au 16ème siècle, sauf celle des grands Carmes de Claude Lullier à Besançon datant de 1564.

Elles apparaissent au 18ème siècle et sont urbaines : Dole, Besançon, Salins-les-Bains, Poligny et Lons-le-Saunier.

 

  
Illustr. Oiselay, plan du projet et image de la fontaine-lavoir, érigée en 1831 par l'architecte Cornuty

 

Quelques bourgs conservent aussi des fontaines-lavoirs du 18ème siècle, très simples, comportant un bassin circulaire avec une colonne centrale, parfois renflées comme à Arinthod (39), Saint-Hippolyte (25) ou Faucogney-et-La-Mer (70) où les ornements d’un rococo très tourmenté semblent dénoter une influence germanique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Illustr. Noroy-le-Bourg (70), fontaine-lavoir,

architecte Jean-Baptiste Colard

 

Les premières fontaines connues dans un village sont celles de Fallon en Haute-Saône de l'architecte Jean-Charles Colombot construite en 1763 et de Sermange dans le Jura de l'architecte Antoine-Louis Attiret construite vers 1767.

 

               
Illustr. Fallon (70), fontaine 1763-1764,
architecte Jean-Charles Colombot

Illustr. Sermange (39), fontaine 1767,

architecte Antoine-Louis Attiret


Déclinaisons départementales :

39 - Jura

Fontaines-Lavoirs dans le Jura


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70 - Haute-Saône

Fontaines-lavoirs en Haute-Saône

En 1858, le préfet de la Haute-Saône écrivait « Pour un peu moins de 600 communes on trouve dans le département le nombre considérable de 1851 fontaines-lavoirs, soit en moyenne plus de 3 par commune. De plus c’est un trait caractéristique de la Haute-Saône, les fontaines-lavoirs présentent une qualité architecturale tout à fait exceptionnelle ».

Vastes monuments ou simples auges, ces édifices sont tous l’œuvre d’architectes qui ont réalisé ainsi des séries de fontaines-lavoirs et qui ont marqué de leur propre style de construction telle ou telle région de Haute-Saône.

 

La plupart ont été édifiées entre 1820 et 1880. Les fonctions qui justifiaient ces édifices ont disparu mais contribuent par leur seule présence à la qualité du cadre de vie.      

                                                          

Il est difficile de définir une typologie précise de l’architecture des fontaines-lavoirs de Haute-Saône tant se mélangent les styles architecturaux. Elles peuvent être très simples et quelquefois grandioses.

 

Il existe néanmoins 6 grands types architecturaux principaux : fontaines-lavoirs découvertes en demi-cercle, ovales ou en longueur ; fontaines-lavoirs circulaires au centre desquelles se dressent une colonne ; fontaines-lavoirs couvertes à pilier ; fontaines-lavoirs couvertes à arcades ; fontaines-lavoirs circulaires couvertes et fontaines-lavoirs temples à l’antique.


Fontaines-lavoirs découvertes en demi-cercle, ovales ou en longueur

C’est le modèle le plus simple : la fontaine amène l’eau dans un grand bassin rectangulaire, ovale ou circulaire, entouré d’un bassin ou situé sur le coté ou l'entourant.

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Fontaines-lavoirs circulaires découvertes, au centre de laquelle se dresse une colonne

 Elles sont plus ou moins ouvragées. On les trouve en grand nombre dans la région de Vesoul.

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Fontaines-lavoirs couvertes à pilier

Il existe deux séries de lavoirs couverts par un toit porté par des piliers. Le plus souvent, le bassin de source est relié au lavoir par un abreuvoir de 15 à 20 mètres de longueur, l’ensemble étant couvert.

La fontaine peut également être individualisée et former un édicule accolé ou séparé du reste du lavoir couvert.

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Fontaines-lavoirs couvertes à arcades

Ce sont des fontaines-lavoirs couvertes dont la toiture est supportée par des alignements d'arcades finement moulurées.

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Fontaines-lavoirs circulaires couvertes

Elles sont relativement rares, la plus remarquable est celle de Fontenoy-les-Montbozon. Un double péristyle de 9 mètres de diamètre délimite le bassin des laveuses qui entoure le bassin circulaire. L'architecte Louis Well a utilisé l’ordre dorique grec pour ses colonnes monolithiques. Le toit fait d’un dôme sur bassin central est entouré d’un appentis sur la galerie  des laveuses amorti par une toupie de 2 mètres de haut. L’ensemble est couvert depuis l’origine de plaques de fer blanc. 

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Fontaines-lavoirs temples à l'antique

Il s’agit ici de petits monuments en forme de temples conçus comme des interprétations libres des connaissances archéologiques de l’époque (villas de Pompéi, temples de Rome). Ils constituent soit l’ensemble de la fontaine-lavoir, soit la fontaine seule est en forme de temple antique et s’individualise.

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